Ajouté le 29 août 2019

Dois-je faire des études pour être entrepreneur ?

En cette semaine de #rentrée, je vous propose de répondre à une question piège : doit-on faire des études pour être entrepreneur ?

Vous me connaissez : je suis un grand défenseur de l’entrepreneuriat pour tous, et surtout pour ceux qui n’ont pas les moyens de faire de longues et coûteuses études. Après tout : “pourquoi pas moi ?”

Cela peut d’ailleurs paraître étonnant, mais selon l’INSEE, quasiment un tiers des chefs d’entreprise français ont tout juste le bac, voire aucun diplôme du tout. Dans l’imaginaire des créateurs d’entreprise à succès, on cite souvent en exemple Xavier Niel, qui a préféré abandonner sa prépa pour créer sa première entreprise. Il n’a jamais repris ses études.

J’aurais donc envie de répondre : non, pas besoin d’étude ou de diplôme pour lancer son entreprise, mais ce n’est pas tout à fait vrai. 

Tout d’abord, il existe des secteurs d’activité dans lesquels il est obligatoire d’obtenir un diplôme. Si vous souhaitez devenir électricien à votre compte par exemple, ou coiffeur, vous devez obtenir un CAP, un brevet, un bac professionnel, ou au moins justifier de 3 années d’expérience dans votre domaine. C’est ce que dit la loi, et cela vaut pour la plus grand majorité des métiers de l’artisanat. Pour exercer une activité libérale comme avocat, ou expert-comptable, c’est la même chose : il s’agit de professions réglementées, bien souvent rattachées à un ordre.

Pour tout le reste, pas besoin de diplômes. On parle d’activités “non-réglementées”. 

Cependant, et c’est très important, entreprendre nécessite un certain nombre de compétences. Et pour les obtenir, vous avez besoin de vous former. Cela ne veut pas dire s’inscrire à l’université ou passer le concours d’une grande école : il y a d’autres moyens de les acquérir.

Dans ma méthode, je sépare généralement ces compétences en deux catégories : les compétences générales du bon fonctionnement de l’entreprise et l’expertise métier.

La première catégorie regroupe la gestion, le commerce et la communication. Ces compétences sont incontournables pour toute entreprise. Ce ne sont pas les seules qu’il faut maîtriser pour réussir, mais c’est un pré-requis de base pour bien débuter.

La seconde catégorie, l’expertise métier, touche à votre secteur d’activité. Qui aurait l’idée d’ouvrir un restaurant alors qu’il n’a aucune idée des ingrédients nécessaires à la cuisson d’une ratatouille ? Même si vous n’êtes pas aux fourneaux, vous devez gérer les stocks, la qualité des produits, le recrutement des cuisiniers… Connaître le métier est donc essentiel au bon déroulement des opérations. 

En sport et en musique, certains psychologues avancent qu’il faudrait 10 000 heures de pratique avant de devenir un génie de sa discipline.

Cela représente environ 830 journées de 12h. Vous n’êtes pas obligés d’en faire autant, mais cette théorie a au moins le mérite de poser une bonne question : combien de temps et de travail êtes-vous prêts à investir dans votre projet ? De quel niveau de compétence et d’expertise avez-vous besoin pour réussir ? (source)

Il n’est bien sûr pas nécessaire de devenir un génie de la cuisine pour faire tourner un restaurant, mais passer un peu de temps à se former dans votre secteur ne pourra pas vous faire de mal.

À vous de définir le meilleur moyen pour vous former. Si vous êtes un rigoureux autodidacte, vous pouvez trouver de nombreuses ressources pour apprendre les ficelles. Les sites des chambres de commerce et d’industrie par exemple sont des mines d’or trop souvent inexploitées. De manière générale, vous trouverez au sein des organisations professionnelles de votre secteur le mode d’emploi de la profession et les règles de l’art.

Si vous avez besoin de plus de cadre dans votre apprentissage, vous pouvez vous inscrire à une formation. Quel que soit votre statut d’actif (salarié, indépendant, artisan, artiste, …), vous possédez un Compte Activité sur lequel se trouve une somme en euros destinée à vous aider à financer une formation. Vous pouvez dès aujourd’hui consulter cette cagnotte sur le site moncompteactivite.gouv.fr. Mais si vous êtes travailleur indépendant (auto-entrepreneur par exemple), votre décompte n'apparaîtra qu’en 2020 (en attendant vous pouvez prendre contact avec l’organisme chargé de faire valoir vos droits à la formation).

Et si retourner sur les bancs de la fac ne vous fait pas peur, cela reste la solution la plus économique, même si elle risque de ne pas répondre spécifiquement à vos besoins. Ou de passer par les cours du soir et mises à niveau proposés par de nombreux organismes, associations et même bon nombre de mairies.

Article originellement posté sur Linkedin ici